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Musseqael Walah

Takaseem 2 | Mix media / Installations | 87x87 cm

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Takaseem 3 | Mix media / Installations | 87x87 cm

Musseqael Walah

Takaseem 4 | Mix media / Installations | 87x87 cm

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Takaseem 1 | Mix media / Installations | 87x87 cm

Musseqael Walah

Takaseem 5 | Mix media / Installations | 87x87 cm

Musseqael Walah

Takaseem 6 | Mix media / Installations | 87x87 cm

Takaseem

2002

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Les répercussions peuvent amener un être humain à devenir quelque chose, ou à ne rien devenir du tout… Les répercussions peuvent entraîner une grave dépression, mais aussi créer une réaction positive et instructive, pouvant prendre un tournant créatif et enrichir la vie humaine. La vraie compréhension des véritables conditions de vie nous rend meilleurs et d’autant plus vivants, y compris à travers les répercussions psychologiques et les situations sociales difficiles. L’être humain interagit avec les éléments et les circonstances de son environnement, qui sont censés le propulser vers l’avenir et vers un monde meilleur, celui-ci étant le détenteur de l’initiative et des terres. Ainsi, il est possible de faire face à tout état de siège, imposé de façon inhumaine et immorale à notre esprit logique, et de rechercher des alternatives à ce qui est assiégé. La problématique et dangereuse réalité arabe correspond à une réalité du consumérisme qui a atteint un tel stade de vulgarité, d’un point de vue matériel et spirituel, que nous nous retrouvons dans cette condition de dépendance vis-à-vis des autres, au point qu’ils fournissent et fabriquent du lait pour nos enfants. Jouer le rôle du planificateur productif, le « maître créateur », ou celui du consommateur, l’ « esclave arriéré » : le dilemme est compliqué et effrayant.

Notre façon de penser est dictée par le consumérisme, issue de la relation rapprochée de ce dernier avec notre composition psychologique et sociale. Dans de telles conditions, le « moi » s’élève et l’abnégation s’effondre. Les désirs et les anticipations s’élèvent et s’exercent de façon immorale, conduisant ainsi à la destruction de l’âme ainsi qu’à la destruction du corps physique. La destruction du corps physique est bien moins grave que celle de l’âme… Et c’est ce qui se produit actuellement avec ce féroce siège imposé à l’Irak. Un siège intellectuel. Un siège matérialiste. Et tant d’autres formes de sièges. Mais l’Irak demeure un pays puissant, avec ses hommes, ses femmes, ses enfants, son histoire et sa civilisation. Pourtant, nos têtes restent prisonnières de la boue, et nous ne savons pas la relever pour regarder l’enfant irakienne Mariam et affronter la réalité du massacre du camp de réfugiés d’Amiriya. Nos têtes s’enlisent un peu plus dans la boue, tandis que nous devenons plus agressifs. Elles deviennent agressives pendant que des enfants s’empressent de devenir des martyrs.

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La sélection de quelques vers tirés des poèmes du grand poète irakien Bader Shaker AlSeyab est en accord avec l’esprit de la peinture, comme par exemple les vers suivants: « si ma nation meurt pauvre (monologue) si j’écris une métaphore de ma pauvre nation (culpabilités et regrets) ». Une nation est un espace. La mort est absente de l’âme. Le corps est soumis au passé, au présent et au futur. La mort est une condition qu’il est impossible de prédire, tout comme l’inconnu. Pourtant, la mort et la pauvreté se trouvent tous deux dans un même espace et au sein de la nation (l’une des causes de la mort étant la pauvreté, et la pauvreté étant une maladie sociale qui est fortement liée à la mauvaise planification).

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L’usage des mots et de la calligraphie comme moyen de représentation ne relève pas d’une dimension patrimoniale. Sa référence remonte à Ibn al-Bawwāb, Ibn Muqla et Yaqut al-Musta'simi, et au 13ème siècle et à l’époque des Abassides à Bagdad. Cependant, afin de tirer profit de la fréquence vocale contenue dans le temps et en dehors du temps, et du lieu où, selon les vers, « Quand vient la nuit, je pleure son temps ainsi que ses lignes en Tuluth et le sens qu’elles renferme… Alors son espace est Bagdad ». La technique de la peinture : l’ombre naturelle changeant en fonction de la direction de la lumière, elle-même dépendant de l’angle de vue de l’oiseau sur le tableau.

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Assiégé par l’image

L’image imprimée est aussi dangereuse qu’une balle. L’image est imprimée avec élégance, conçue avec précision et la sélection de ses éléments utiles, pénètre le corps à travers l’œil, telle une balle, avant de toucher les émotions qui composent le comportement individuel humain, devenant ainsi un entreposage visuel qui transforme inconsciemment nos anticipations consuméristes en un produit… « Corn Flakes »: son heure, c’est le matin. Son espace, c’est la cuisine. L’image du coq présent sur le paquet continue de vous hanter où que vous soyez, et le temps vous confère un statut psychologique que vous ne parvenez pas à surmonter. Alors, à travers la mémoire, se crée une appartenance inconsciente au produit, et nous nous plaçons nous-mêmes dans un état de siège inconscient.

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Le commencement… La peinture

Il nous faut souligner clairement certains aspects de ce travail expérimental, afin qu’il ne soit pas généralisé et qu’il ne parte pas à la dérive dans les mers et les océans, perdant ses caractéristiques les plus importantes et significatives.

Mon humble expérimentation dans ce domaine où « la peinture rencontre la poésie » se fait dans un ordre différent de ce qui est représenté. La peinture vient en premier, puis la technique et l’idée sont sélectionnées pour lui correspondre. D’une certaine façon, je n’ai pas dessiné la sélection de poèmes. Il est nécessaire de le souligner pour qu’aucun préjudice ne soit porté aux droits des poètes et à leurs œuvres. C’est le cas pour toutes les expérimentations sur lesquelles j’ai travaillées, tel que « The Appeal from the South of Beirut/L’appel du sud de Beyrouth » (1978), de « Beirut/Beyrouth » (1978), «The Lover/L’amant » (1991) et « Taqaseem » (2001), un travail pour lequel j’ai sélectionné les poèmes et passages dans l’œuvre du poète irakien Bader Shaker AlSeyab. J’ai inséré son travail dans mes tableaux. Je n’ai pas créé des illustrations expliquant son travail. Je ne dessine pas la poésie. Je crée plutôt une peinture dès le départ. Cela s’applique à toutes mes expérimentations réalisées dans ce domaine artistique, où la poésie et l’image se croisent.

Ebrahim Busaad

18/4/2001

Bahrain